En vingt ans de carrière, Guilherme Kastrup a accompagné de nombreux musiciens en tant que percussionniste, batteur, mais aussi ingénieur du son et réalisateur.

Il a sorti en 2013 son premier album solo en forme de manifeste, Kastrupismo, où les percussions traditionnelles, le pandeiro et le berimbau, côtoient le piano, l’électro, le jazz et les musiques improvisées. Il dirige aujourd’hui à São Paulo le studio Toca do Tatu, qui accueille de nombreux musiciens indépendants, et autres rénovateurs de la Musique Populaire Brésilienne.

Avant de le retrouver sur la scène du Festival d’Ile de France, le dimanche 4 septembre au Domaine de Villarceaux lors de la journée dédiée à la métropole brésilienne, découvrons la playlist qu’il nous a concoctée.

– un morceau pour vous réveiller ?

Si je ne devais en choisir qu’un, pour un matin où je veux vraiment me réveiller en musique et que ça me motive pour la journée, ce serait “Good Times, Bad Times” de Led Zeppelin. Ce morceau me met toujours de bonne humeur !

– un morceau pour vous endormir ?

Le silence ! J’ai l’habitude de travailler avec de la musique dans le studio, d’en jouer, d’en enregistrer, d’en arranger, d’en produire… environ dix à onze heures par jour. Donc, quand je vais me coucher, la meilleure des musiques, c’est le silence. Et je l’adore !

– votre premier souvenir musical ?

Le premier genre musical qui m’a attiré, et qui m’a fait devenir musicien, c’est le heavy metal. Il y a un événement qui m’a profondément marqué, dans mon coeur et mon esprit, c’était la première édition du festival Rock’n Rio, quand j’avais 15 ans.

– un groupe ou un compositeur favoris quand vous étiez jeunes ?

Sans aucun doute : Black Sabbath !

– un coup de coeur musical en ce moment, ou un morceau que vous écoutez en boucle ?

L’album d’Elza Soares, A Mulher do Fim do Mundo, que j’ai produit l’année dernière et qui m’a fait vivre beaucoup de moments forts en émotion cette année, lorsque j’ai joué avec elle en concert.

Il y a aussi MM3, le nouvel album de Metá Metá ! C’est un groupe très spécial de São Paulo, composé de Kiko Dinucci, Juçara Marçal et Thiago França, qui mêle le style punk aux chansons Orisha (issues de la religion afro-brésilienne. Ils ont frappé fort avec leur esthétique novatrice et agressive, et leur nouvel album est incroyable.

– un morceau qui vous évoque un souvenir particulier ?

“Strange Fruit” de Nina Simone. Quand j’ai découvert le jazz, vers mes 18 ou 19 ans, avec Miles, Coltrane, Art Blake, etc., je suis également tombé amoureux de grandes chanteuses : Billie Holiday, Ella Fitzgerald, Sarah Vaughan, mais surtout Nina. Aujourd’hui, à chaque fois que je les écoute, cela me ramène à cette belle période de ma vie.

– un morceau qui vous permet de vous échapper de la réalité ?

Je pense plutôt à un album : Storytelling de Naná Vasconcelos (je suis démodé, je préfère toujours écouter des albums en intégralité plutôt que des chansons isolées).

– nous fêtons cette année nos quarante ans, alors… un morceau pour faire la fête ?

Hey, félicitations ! Alors, fêtons-le ! J’adore la musique électronique, mais tout autant que la musique acoustique. J’aime la bonne musique, sans me préoccuper des genres. Donc, de bons DJs peuvent me mettre dans l’ambiance, tout comme de bons musiciens.

“Let’s Dance” de David Bowie conviendrait donc parfaitement.

– un concert que vous recommandez dans le festival ?

Le jour où je joue, ce sera une célébration spéciale de la musique que nous faisons ici à São Paulo. La programmation est très, très bien choisie, à mon avis. Donc je recommande la journée dans son intégralité, mais ne ratez surtout pas Metá Metá (dont je vous ai parlé), mais aussi Bixiga 70, Criolo et Tulipa Ruiz.